DÉCRET CONTRÔLE FUITES FLUIDES FRIGORIGÈNES

8 mai 2007                              JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANCAISE                         Texte 62 sur 161

Décrets, arrêtés, circulaires 

 

TEXTES GÉNÉRAUX

 
MINISTÈRE DE L'ÉCOLOGIE ET DU DÉVELOPPEMENT DURABLE
 
Décret n° 2007-737 du 7 mai 2007 relatif à certains fluides frigorigènes utilisés
dans les équipements frigorifiques et climatiques
NOR : DEVP0750419D
 
Le Premier ministre,

sur le rapport de la ministre de l’écologie et du développement durable,

Vu le règlement n° 259/93 du Conseil du 1erfévrier 1993 concernant la surveillance et le contrôle des transferts de déchets à l’entrée et à la sortie de la Communauté européenne;

Vu le règlement (CE) n° 2037/2000 du Parlement européen et du Conseil du 29 juin 2000 relatif à des substances qui appauvrissent la couche d’ozone, modifié par les règlements (CE) n° 2038/2000, n° 2039/2000du 28 septembre 2000 et n° 1804/2003 du 22 septembre 2003;

Vu le règlement (CE) n° 842/2006 du Parlement européen et du Conseil du 17 mai 2006 relatif à certains gaz à effet de serre fluorés;

Vu la directive 98/34/CE du Parlement européen et du Conseil du 22 juin 1998 prévoyant une procédure d’information dans le domaine des normes et réglementations techniques et des règles relatives aux services de la société de l’information, notamment la notification n° 2004/0499/F;

Vu le code pénal, notamment l’article R. 610-1;Vu le code de l’environnement, notamment les articles L. 521-6 et L. 541-10;

Vu le décret n° 97-34 du 15 janvier 1997 relatif à la déconcentration des décisions administratives individuelles, modifié en dernier lieu par le décret n° 2007-139 du 1erjanvier 2007;

Vu le décret n° 97-1204 du 19 décembre 1997 pris pour l’application au ministre chargé de l’environnement du 1° de l’article 2 du décret n° 97-34 du 15 janvier 1997 relatif à la déconcentration des décisions administratives individuelles;

Vu le décret n° 2003-727 du 1eraoût 2003 relatif à la construction des véhicules et à l’élimination des véhicules hors d’usage;

Vu le décret n° 2005-635 du 30 mai 2005 relatif au contrôle des circuits de traitement de déchets;

Vu le décret n° 2005-829 du 20 juillet 2005 relatif à la composition des équipements électriques et électroniques et à l’élimination des déchets issus de ces équipements;

Le Conseil d’Etat (section des travaux publics) entendu,

Décrète:
 

TITRE Ier

 

DISPOSITIONS GÉNÉRALES

 
Art. 1er. − Le présent décret réglemente les conditions de mise sur le marché, d’utilisation, de récupération et de destruction des substances mentionnées à l’annexe I lorsqu’elles sont utilisées ou destinées à être utilisées en tant que fluide frigorigène dans des équipements frigorifiques ou climatiques.


Art. 2. − Au sens du présent décret :

Sont considérés comme «équipements» les systèmes et installations de réfrigération, de climatisation, y compris les pompes à chaleur et de climatisation des véhicules, contenant des fluides frigorigènes, seuls ou en mélange.

Sont considérées comme «détenteurs des équipements» les personnes exerçant un pouvoir réel sur le fonctionnement technique des équipements mentionnés à l’alinéa précédent, qu’elles en soient ou non propriétaires.

Sont considérées comme «producteurs de fluides frigorigènes» non seulement les personnes qui produisent des fluides frigorigènes mais également celles qui importent ou introduisent sur le territoire national ces fluides à titre professionnel.

Sont considérées comme «distributeurs de fluides frigorigènes» les personnes qui cèdent à titre onéreux ou gratuit, dans le cadre d’une activité professionnelle, des fluides frigorigènes. Ne sont pas considérés comme distributeurs les opérateurs qui procèdent à la récupération des fluides et les cèdent à des distributeurs pour qu’ils les mettent en conformité avec leurs spécifications d’origine ou pour qu’ils les détruisent.

Sont considérés comme «opérateurs» les entreprises et les organismes qui procèdent à titre professionnel à tout ou partie des opérations suivantes:

  – la mise en service d’équipements;
  – l’entretien et la réparation d’équipements, dès lors que ces opérations nécessitent une intervention sur le circuit contenant des fluides frigorigènes;
  – le contrôle de l’étanchéité des équipements;
  – le démantèlement des équipements;
  – la récupération et la charge des fluides frigorigènes dans les équipements;
  – toute autre opération réalisée sur des équipements nécessitant la manipulation de fluides frigorigènes.

Les organismes de formation et les concepteurs d’équipements sont aussi considérés comme des opérateurs dès lors que leur personnel manipule des fluides frigorigènes.

Les producteurs d’équipements ne sont pas considérés comme des opérateurs dès lors qu’ils ne réalisent pas d’autres opérations nécessitant la manipulation des fluides frigorigènes que la charge initiale de leurs équipements dans des installations relevant des dispositions du titre Ier du livre V du code de l’environnement.


Art.3. − Les équipements mis sur le marché comportent de façon lisible et indélébile l’indication de la nature et de la quantité de fluide frigorigène qu’ils contiennent.

Pour les équipements à circuit hermétique, préchargés en fluide frigorigène, dont la mise en service consiste exclusivement en un raccordement à des réseaux électrique, hydraulique, ou aéraulique, les mentions prévues ci-dessus sont apposées par les producteurs de ces équipements.

Pour tous les autres équipements, l’indication doit être apposée par les opérateurs réalisant la mise en service des équipements.

Les dispositions du présent article ne s’appliquent pas aux équipements de climatisation des voitures particulières au sens de l’article R. 311-1 du code de la route.

Les dispositions du présent article s’appliquent également aux équipements mis sur le marché à une date postérieure au 8 décembre 1992 et contenant une charge en fluide frigorigène supérieure à deux kilogrammes.
 

TITRE II

 

DISPOSITIONS RELATIVES À LA PRÉVENTION
DES FUITES DE FLUIDES FRIGORIGÈNES

 
Art.4. − Tout détenteur d’équipement est tenu de faire procéder à sa charge en fluide frigorigène, à sa mise en service ou à toute autre opération réalisée sur cet équipement qui nécessite une intervention sur le circuit contenant des fluides frigorigènes, par un opérateur remplissant les conditions prévues au titre IV du présent décret. Toutefois, le recours à un opérateur n’est pas obligatoire pour la mise en service des équipements à circuit hermétique, préchargés en fluide frigorigène, contenant moins de deux kilogrammes de fluide dès lorsque leur mise en service consiste exclusivement en un raccordement à des réseaux électrique, hydraulique ou aéraulique.

Le détenteur d’un équipement dont la charge en fluide frigorigène est supérieure à deux kilogrammes fait en outre procéder, lors de sa mise en service, à un contrôle d’étanchéité des éléments assurant le confinement du fluide frigorigène par un opérateur remplissant les conditions prévues au titre IV du présent décret. Ce contrôle est ensuite périodiquement renouvelé. Il est également renouvelé à chaque fois que des modifications ayant une incidence sur le circuit contenant les fluides frigorigènes sont apportées à l’équipement. Si des fuites de fluides frigorigènes sont constatées lors de ce contrôle, l’opérateur responsable du contrôle en dresse le constat par un document qu’il remet au détenteur de l’équipement, lequel prend toutes mesures pour remédier à la fuite qui a été constatée. Pour les équipements contenant plus de trois cents kilogrammes de fluides frigorigènes, l’opérateur adresse une copie de ce constat au représentant de l’Etat dans le département.

Le détenteur d’un équipement contenant plus de trois kilogrammes de fluide frigorigène conserve pendant au moins cinq ans les documents attestant que les contrôles d’étanchéité ont été réalisés, constatant éventuellement l’existence de fuites et faisant état de ce que les réparations nécessaires ont été réalisées, et les tient à disposition des opérateurs intervenant ultérieurement sur l’équipement et de l’administration.

Un arrêté conjoint des ministres chargés de l’environnement, de l’industrie, de l’équipement et des transports fixe la périodicité et les conditions des contrôles d’étanchéité des équipements.


Art.5. − L’opérateur établit une fiche d’intervention pour chaque opération nécessitant une manipulation des fluides frigorigènes effectuée sur un équipement.

Cette fiche mentionne les coordonnées de l’opérateur, son numéro d’attestation de capacité prévue à l’article 13 du présent décret, ainsi que la date et la nature de l’intervention effectuée. Elle indique la nature, la quantité et la destination du fluide récupéré ainsi que la quantité de fluide éventuellement réintroduite dans cet équipement.

Pour tout équipement dont la charge en fluide frigorigène est supérieure à trois kilogrammes, cette fiche est signée conjointement par l’opérateur et par le détenteur de l’équipement qui conserve l’original. L’opérateur et le détenteur de l’équipement conservent alors une copie de cette fiche pendant une durée d’au moins cinq ans et la tiennent à disposition des opérateurs intervenant ultérieurement sur l’équipement et de l’administration. Le détenteur tient un registre contenant, par équipement, les fiches d’intervention classées par ordre chronologique.

Les documents, fiches et registres prévus aux articles 4 et 5 du présent décret peuvent être établis sous forme électronique.
 

TITRE III

 

DISPOSITIONS RELATIVES À LA CESSION, L’ACQUISITION
ET LA RÉCUPÉRATION DES FLUIDES FRIGORIGÈNES ET DE LEURS EMBALLAGES

 
Art.6. − Les distributeurs ne peuvent céder à titre onéreux ou gratuit des fluides frigorigènes qu’aux opérateurs disposant de l’attestation de capacité prévue à l’article 13 du présent décret ainsi qu’aux personnes produisant, dans des installations relevant des dispositions du titre Ier du livre V du code de l’environnement, des équipements préchargés contenant de tels fluides.

Les distributeurs tiennent en outre un registre mentionnant, pour chaque cession d’un fluide frigorigène, le nom de l’acquéreur, éventuellement le numéro de son attestation de capacité, la nature du fluide et les quantités cédées.
Sont interdites l’importation, la mise sur le marché, la cession à titre onéreux ou gratuit des fluides frigorigènes conditionnés dans des emballages destinés à un usage unique.


Art.7. − Toute opération de dégazage dans l’atmosphère d’un fluide frigorigène est interdite, sauf si elle est nécessaire pour assurer la sécurité des personnes. Le détenteur de l’équipement prend toute disposition de nature à éviter le renouvellement de cette opération. Les opérations de dégazage ayant entraîné ponctuellement une émission de plus de 20 kilogrammes de fluides frigorigènes ou ayant entraîné au cours de l’année civile des émissions cumulées supérieures à 100 kilogrammes sont portées à la connaissance du représentant de l’Etat dans le département par le détenteur de l’équipement.

Lors de la charge, de la mise en service, de l’entretien ou du contrôle d’étanchéité d’un équipement, s’il est nécessaire de retirer tout ou partie du fluide frigorigène qu’il contient, l’intégralité du fluide ainsi retiré doit être récupérée. Lors du démantèlement d’un équipement, le retrait et la récupération de l’intégralité du fluide frigorigène sont obligatoires.

Sous réserve des dispositions du dernier alinéa du présent article, toute opération de recharge en fluide frigorigène d’équipements présentant des défauts d’étanchéité identifiés est interdite.

Afin de détecter les fuites des climatisations automobiles dont la charge en fluide est inférieure à deux kilogrammes et lorsque la configuration de l’équipement rend difficile cette détection, une unique opération de recharge en fluide frigorigène contenant un traceur fluorescent est tolérée. Dans ce cas, la recharge doit être limitée à la moitié de la charge nominale de l’équipement et la totalité du fluide doit être récupérée dès la détection de la fuite.


Art.8. − Les distributeurs de fluides frigorigènes sont tenus de mettre à disposition de leurs clients des contenants pour assurer la reprise des fluides usagés et de reprendre sans frais supplémentaires chaque année les fluides frigorigènes qui leur sont rapportés dans ces contenants, dans la limite du tonnage global de fluides frigorigènes qu’ils ont eux-mêmes distribués l’année précédente. Ils sont en outre tenus de reprendre sans frais supplémentaires les emballages ayant contenu des fluides frigorigènes dans la limite des quantités d’emballages qu’ils ont distribuées l’année précédente.

Les dispositions du présent article ne s’appliquent pas aux fluides frigorigènes usagés récupérés soit à l’occasion du démantèlement des véhicules opéré dans les conditions prévues par le décret du 1er août 2003 susvisé, soit dans le cadre de l’élimination des déchets d’équipements électriques et électroniques préchargés effectuée dans les conditions prévues par le décret du 20 juillet 2005 susvisé.


Art.9. − Les opérateurs doivent:
    – soit remettre aux distributeurs les fluides frigorigènes récupérés qui ne peuvent être réintroduits dans les équipements dont ils proviennent ou dont la réutilisation est interdite, ainsi que les emballages ayant contenu des fluides frigorigènes;
    – soit faire traiter sous leur responsabilité ces fluides et emballages.

Les opérateurs ne peuvent réintroduire ou réutiliser les fluides récupérés que s’ils sont conformes à leurs spécifications d’origine.


Art.10. − Les producteurs de fluides frigorigènes et les producteurs d’équipements préchargés, autres que les véhicules soumis aux dispositions du décret du 1er août 2003 susvisé et les équipements électriques et électroniques soumis aux dispositions du décret du 20 juillet 2005 susvisé, sont tenus de récupérer sans frais supplémentaires chaque année les fluides frigorigènes repris par les distributeurs dans les conditions fixées à l’article 8. Cette obligation de récupération pèse, pour chaque catégorie de fluide, sur les producteurs au prorata des quantités globales qu’ils ont déclaré avoir mises sur le marché l’année précédente en application de l’article 12.

Les producteurs de fluides frigorigènes et d’équipements préchargés sont en outre tenus de traiter ou de faire traiter les fluides frigorigènes qu’ils ont récupérés afin de les mettre en conformité avec leurs spécifications d’origine permettant leur réutilisation lorsqu’elle est autorisée. Si une telle mise en conformité est impossible à réaliser ou si la réutilisation du fluide est interdite, les fluides récupérés doivent être détruits.

La mise en conformité des fluides frigorigènes avec leurs spécifications d’origine ou leur destruction sont effectuées dans des installations relevant des dispositions du titre Ier du livre V du code de l’environnement, ou dans toute autre installation de traitement autorisée à cet effet dans un autre Etat de la Communauté européenne ou dans un pays tiers à la Communauté européenne, dès lors que le transfert transfrontalier des fluides frigorigènes usagés est conforme aux dispositions du règlement du ler février 1993 susvisé.


Art.11. − Les producteurs de fluides frigorigènes et d’équipements contenant de tels fluides peuvent créer des organismes afin de remplir collectivement les obligations qui leur incombent en matière de reprise et de traitement de ces fluides.


Art.12. − Les distributeurs, les producteurs d’équipements préchargés autres que les véhicules soumis aux dispositions du décret susvisé du 1er août 2003 et les équipements électriques et électroniques soumis aux dispositions du décret du 20 juillet 2005 susvisé et les producteurs de fluides frigorigènes sont tenus de transmettre chaque année à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie les données relatives aux quantités de fluides frigorigènes mises sur le marché, stockées, reprises ou retraitées.

Un arrêté conjoint des ministres chargés de l’environnement et de l’industrie fixe la nature et les modalités de transmission de ces informations.
 

TITRE IV

 

DISPOSITIONS RELATIVES AUX OPÉRATEURS

 

Art. 13. − Les opérateurs mentionnés à l’article 2 doivent obtenir une attestation de capacité délivrée par un organisme agréé à cette fin dans les conditions prévues à l’article 15. Dans le cas où un opérateur possède plusieurs établissements, une attestation de capacité doit être obtenue pour chaque établissement.
L’attestation de capacité est délivrée pour une durée maximale de cinq ans après vérification par l’organisme agréé que l’opérateur remplit les conditions de capacité professionnelle prévue à l’article 14 et possède les outillages appropriés. Elle précise les types d’équipements sur lesquels l’opérateur peut intervenir ainsi que les types d’activités qu’il peut exercer.

Les opérateurs adressent chaque année, avant le 31 janvier, à l’organisme qui leur a délivré l’attestation de capacité, une déclaration se rapportant à l’année civile précédente et mentionnant, pour chaque fluide frigorigène, les quantités :
– achetées ;
– chargées dans des équipements ;
– récupérées, en distinguant les quantités conservées pour une réutilisation des quantités remises à un tiers pour être traitées.

Cette déclaration mentionne également l’état des stocks au 1
er janvier et au 31 décembre de l’année civile précédente.

Si ces informations ne sont pas transmises à l’échéance prescrite ci-dessus, l’organisme agréé peut, après que l’opérateur a été amené à présenter ses observations, suspendre l’attestation de capacité jusqu’à la transmission de la déclaration.

Après obtention de l’attestation de capacité et pendant toute la durée de sa validité, l’opérateur informe, dans le délai d’un mois, l’organisme qui a émis cette attestation de tout changement susceptible de modifier le respect des conditions de capacité professionnelle et des conditions de détention des outillages appropriés.

L’organisme agréé peut vérifier à tout moment la présence et le bon état de fonctionnement des outillages dont l’opérateur doit disposer.

L’organisme agréé peut retirer à l’opérateur l’attestation de capacité soit lorsqu’il ne remplit plus les conditions au vu desquelles l’attestation a été délivrée, soit lorsqu’il est intervenu sur des équipements ou a réalisé des opérations en dehors des cas prévus par ladite attestation. Le retrait de l’attestation ne peut intervenir qu’après que l’opérateur a été mis à même de présenter ses observations.

Un arrêté conjoint des ministres chargés de l’environnement, de l’industrie, de l’équipement et des transports établit la liste des types d’activités que les opérateurs peuvent effectuer. Il définit également le modèle de l’attestation de capacité, le contenu de la demande d’attestation, les modalités de sa délivrance ainsi que les modalités selon lesquelles elle peut être suspendue ou retirée. Il fixe enfin les conditions relatives à la détention et aux caractéristiques des outillages nécessaires en fonction des types d’activités et des types d’équipements sur lesquels sont réalisées les opérations.


Art. 14. − L’opérateur satisfait aux conditions de capacité professionnelle lorsque les personnes qui procèdent sous sa responsabilité aux opérations décrites à l’article 2 sont titulaires :

a)
Soit d’une attestation d’aptitude, correspondant aux types d’activités exercées et aux types d’équipements utilisés, délivrée par un organisme certifié ;
b) Soit d’un diplôme, d’un titre professionnel, d’un certificat de qualification professionnelle ou d’une certification enregistrée au répertoire national des certifications professionnelles correspondant aux types d’activités exercées et aux types d’équipements utilisés ;
c) Soit d’un diplôme, d’un titre, d’un certificat de compétence ou d’une attestation de niveau équivalent aux attestations, titres, diplômes ou certificats visés au a ou au b du présent article, délivré dans un des Etats membres de l’Union européenne et correspondant aux types d’activités exercées et aux types d’équipements utilisés.

Les compétences professionnelles correspondant aux types d’activités exercées et aux types d’équipements utilisés sont décrites dans des référentiels faisant l’objet d’un arrêté conjoint des ministres chargés de l’industrie, de l’équipement, de l’environnement, de l’artisanat et de l’éducation. Cet arrêté précise également les conditions de délivrance de l’attestation d’aptitude mentionnée au a du présent article.

 

TITRE V

 

DISPOSITIONS RELATIVES AUX ORGANISMES AGRÉÉS

 

Art. 15. − L’agrément des organismes chargés de délivrer aux opérateurs une attestation de capacité est accordé pour une durée maximale de cinq ans par les ministres chargés de l’environnement et de l’industrie.

La décision d’agrément définit les missions pour lesquelles l’organisme est agréé et la durée de l’agrément.

A cet agrément est joint un cahier des charges qui mentionne :
    – les attestations de capacité pouvant être délivrées en fonction du type d’équipements sur lesquels interviennent les opérateurs et du type d’activités de ces opérateurs ;
    – les procédures de délivrance, de suspension ou de retrait des attestations de capacité ;
    – les moyens à mettre en oeuvre pour procéder à la vérification des opérateurs prévue à l’avant-dernier alinéa de l’article 13.

La délivrance de l’agrément peut être subordonnée au respect de certaines obligations à la charge de ces organismes telles qu’une couverture minimale du territoire national.

Le renouvellement de l’agrément peut être subordonné à la réalisation d’un volume minimal d’activité pendant la période d’agrément précédente.

Un arrêté conjoint des ministres chargés de l’environnement et de l’industrie précise les conditions dans lesquelles l’agrément est délivré, et notamment les critères que doit respecter l’organisme agréé ainsi que les conditions du retrait de cet agrément.


Art. 16. − A la demande d’un opérateur, l’organisme qui lui a délivré une attestation de capacité communique à tout autre organisme agréé les informations qu’il détient se rapportant à cet opérateur.

Les organismes agréés tiennent à la disposition du public et des distributeurs une liste à jour des opérateurs titulaires d’une attestation de capacité.

Les organismes agréés adressent chaque année à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie les données relatives aux quantités de fluides frigorigènes acquises, cédées et stockées par l’ensemble des opérateurs auxquels ils ont délivré une attestation de capacité. Ils y joignent une liste des opérateurs auxquels ils ont suspendu ou retiré l’attestation de capacité ainsi que les motifs de la suspension et du retrait.

L’arrêté mentionné à l’article 12 fixe également la nature et les modalités de transmission de ces informations.

 

TITRE VI

 

SANCTIONS PÉNALES

 

Art. 17. − I. − Est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la 3e classe le fait :

1
o Pour un détenteur, lorsque les opérations d’entretien ou de réparation nécessitent une intervention quelconque sur le circuit contenant des fluides frigorigènes, de faire charger, mettre en service, entretenir, ou réparer, un équipement sans recourir à un opérateur titulaire d’une attestation de capacité délivrée par un organisme agréé, contrairement aux dispositions du premier alinéa de l’article 4 ;

2
o Pour un distributeur, de céder à titre onéreux ou gratuit des fluides frigorigènes à un opérateur ne disposant pas de l’attestation de capacité, contrairement aux dispositions du premier alinéa de l’article 6 ;

3
o Pour un opérateur :

    – de ne pas établir de fiche d’intervention, contrairement aux dispositions de l’article 5 ;
    – d’acquérir à titre onéreux ou gratuit des fluides frigorigènes sans remplir les conditions prévues à l’article 13, en méconnaissance du premier alinéa de l’article 6 ;
    – de ne pas adresser à l’organisme agréé les informations prévues aux troisième à septième alinéas de l’article 13 ;
    – de ne pas informer l’organisme agréé de tout changement susceptible de modifier le respect des conditions de capacité professionnelle ou les conditions de détention de l’outillage approprié, contrairement aux dispositions du neuvième alinéa de l’article 13 ;
    – de ne pas transmettre à l’organisme agréé auprès duquel il a été enregistré les informations mentionnées au dernier alinéa de l’article 19.

4o Pour un producteur de fluides frigorigènes ou d’équipement, un distributeur ou un organisme agréé, de ne pas respecter leurs obligations d’information, contrairement aux dispositions des articles 12 et 16.

II. − Est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la 5
e classe le fait :

1o Pour les détenteurs d’équipements, de ne pas faire contrôler l’étanchéité des équipements pour lesquels ce contrôle est obligatoire et de ne pas prendre toutes mesures pour mettre fin aux fuites constatées, en méconnaissance du deuxième alinéa de l’article 4 du présent décret ;

2o Pour tout producteur ou distributeur, d’importer, de mettre sur le marché ou de céder à titre onéreux ou gratuit des fluides frigorigènes conditionnés dans des emballages destinés à un usage unique, en méconnaissance du troisième alinéa de l’article 6 ;

3o Pour un opérateur ou un détenteur, de procéder à toute opération de dégazage dans l’atmosphère de fluides frigorigènes, sauf cas de nécessité pour assurer la sécurité des personnes, en méconnaissance du premier alinéa de l’article 7 ;

4o Pour un opérateur, de ne pas procéder à la récupération intégrale des fluides frigorigènes lors de l’installation, de l’entretien, de la réparation ou du démantèlement d’un équipement, en méconnaissance du deuxième alinéa de l’article 7 ;

5o Pour un opérateur, de procéder à toute opération de recharge en fluide frigorigène d’équipements présentant des défauts d’étanchéité, en méconnaissance du troisième alinéa de l’article 7, sauf dans le cas des exceptions prévues au quatrième alinéa de l’article 7 ;

6o Pour un opérateur, de ne pas remettre aux distributeurs les fluides frigorigènes ou leurs emballages non traités sous sa responsabilité, en méconnaissance des dispositions de l’article 9 ;

7o Pour un opérateur, de ne pas faire traiter sous sa responsabilité les fluides et emballages non remis aux distributeurs, contrairement aux dispositions de l’article 9 ;

8o Pour les producteurs de fluides frigorigènes et d’équipements et les distributeurs, de ne pas procéder aux opérations de reprise sans frais supplémentaires, de collecte, de retraitement pour mise en conformité avec leurs spécifications d’origine permettant leur réutilisation ou de destruction intégrale des fluides frigorigènes ou de leurs emballages, contrairement aux dispositions de l’article 10 ;

9o Pour un opérateur de procéder à la mise en service, à l’entretien, la réparation ou la maintenance, lorsque ces opérations nécessitent une intervention quelconque sur le circuit contenant des fluides frigorigènes, au contrôle d’étanchéité ou au démantèlement des équipements, à la récupération et à la charge des fluides frigorigènes ou à toute autre opération nécessitant la manipulation de fluides frigorigènes, sans être titulaire de l’attestation de capacité prévue à l’article 13.

La récidive des contraventions de 5
e classe du présent décret est réprimée conformément aux articles 132-11 et 132-15 du code pénal.

 

TITRE VII

 

DISPOSITIONS DIVERSES

 

Art. 18. − Les entreprises enregistrées conformément aux articles 4, 5 et 6 du décret du 7 décembre 1992 abrogé dans les conditions prévues à l’article 20 du présent décret sont réputées répondre aux dispositions de l’article 13 du présent décret pour la durée de validité du certificat d’inscription qui leur a été délivré et au plus tard jusqu’au 4 juillet 2009. Dans l’hypothèse où la durée du certificat d’inscription expire avant le 4 juillet 2008, ce certificat est automatiquement prorogé jusqu’à cette date.


Art. 19. − Les opérateurs qui, à la date de publication du présent décret, interviennent exclusivement sur des équipements dont la charge en fluide est inférieure ou égale à deux kilogrammes disposent d’un délai expirant le 4 juillet 2009 pour obtenir l’attestation de capacité prévue à l’article 13.

Un enregistrement auprès d’un organisme agréé conformément à l’article 15, assorti d’un engagement sur l’honneur de respecter les obligations des articles 6, 7 et 9 du présent décret et de continuer à n’intervenir que sur des équipements dont la charge en fluide est inférieure ou égale à deux kilogrammes, vaut attestation de capacité jusqu’à expiration de ce délai.

Les opérateurs enregistrés devront en outre, tant qu’ils n’ont pas obtenu l’attestation de capacité prévue à l’article 13, transmettre chaque année avant le 31 janvier aux organismes qui les ont enregistrés, une déclaration précisant, pour chaque fluide frigorigène, les quantités achetées, les quantités chargées dans des équipements, les quantités récupérées au cours de l’année civile, en distinguant celles destinées respectivement à être traitées ou être réutilisées, et l’état des stocks au l
er janvier et au 31 décembre de l’année civile en cours.


Art. 20. −
Le décret no
92-1271 du 7 décembre 1992 relatif à certains fluides frigorigènes utilisés dans les équipements frigorifiques et climatiques est abrogé à l’exception des articles 4, 5 et 6 qui continuent de s’appliquer jusqu’au 4 juillet 2008.

Les articles 4, 5 et 6 du décret précité du 7 décembre 1992 sont abrogés à compter du 4 juillet 2008.



Art. 21. −
Les dispositions du premier alinéa de l’article 6 entrent en vigueur le 4 juillet 2009.

Les dispositions des articles 8 et 10 entrent en vigueur un an après la publication du présent décret.


Art. 22. − Le décret du 19 décembre 1997 susvisé est modifié comme suit : au 1° du titre II de l’annexe, il est ajouté l’intitulé et le tableau suivants :

« Le décret n
o 2007-737 du 7 mai 2007 relatif à certains fluides frigorigènes utilisés dans les équipements frigorifiques et climatiques :

     1              
Agrément d’organismes chargés de délivrer les attestations de capacité aux opérateurs définis à l’article 2.            Article 15


Art. 23. −
Les modalités d’application du présent décret aux activités relevant du secret de la défense nationale font l’objet d’un arrêté conjoint des ministres chargés de la défense, de l’industrie et de l’environnement.


Art. 24. − Il est ajouté à la fin de l’article 4 du décret du 30 mai 2005 susvisé l’alinéa suivant :

« Sont également exclues de ces dispositions les personnes qui remettent des piles et accumulateurs usagés, des déchets d’équipements électriques et électroniques ou des fluides frigorigènes usagés aux personnes tenues de les reprendre en application de l’article 7 du décret n
o 99-374 du 12 mai 1999 relatif à la mise sur le marché des piles et accumulateurs et à leur élimination, des articles 13 et 18 du décret n° 2005-829 du 20 juillet 2005 relatif à la composition des équipements électriques et électroniques et à l’élimination des déchets qui en sont issus et de l’article 10 du décret n° 2007-737 du 7 mai 2007 relatif à certains fluides frigorigènes utilisés dans les équipements frigorifiques et climatiques ou aux organismes auxquels ces personnes ont transféré leurs obligations. Dans ce cas, le bordereau est émis par la personne tenue de reprendre les déchets concernés ou par l’organisme auquel cette personne a transféré cette obligation. »


Art. 25. − La ministre de la défense, le ministre de l’économie, des finances et de l’industrie, le ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, le ministre des transports, de l’équipement, du tourisme et de la mer, la ministre de l’écologie et du développement durable, le ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat et des professions libérales et le ministre délégué à l’industrie sont, chacun en ce qui le concerne, chargés de l’exécution du présent décret, qui sera publié au
Journal officiel de la République française.

Fait à Paris, le 7 mai 2007.

 

ANNEXE I

 

Les substances suivantes, qu’elles se présentent isolément ou dans un mélange, qu’elles soient vierges, récupérées, recyclées ou régénérées, sont réglementées par les dispositions du présent décret dès lors qu’elles sont utilisées en tant que fluide frigorigène :

1. Catégorie des chlorofluorocarbures (CFC)
(exemple : CFCl3 = CFC-11, CF2Cl2 = CFC-12, C2F3Cl3 = CFC-113, C2F4Cl2 = CFC-114, C2F5Cl = CFC-115...)

2. Catégorie des hydrochlorofluorocarbures (HCFC)
(exemple : CHF
2Cl = HCFC-22, C2HF3Cl2 = HCFC-123, C2HF4Cl = HCFC-124...)

3. Catégorie des hydrofluorocarbures (HFC)
(exemple : CH
2FCF3 = HFC-134a, CH2F2 = HFC-32, CHF2CF3 = HFC-125, CHF3 = HFC-23, CH3CHF2 = HFC-152a...)

 

8 mai 2007                              JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANCAISE                         Texte 62 sur 161

Décrets, arrêtés, circulaires 

 

TEXTES GÉNÉRAUX

 
MINISTÈRE DE L'ÉCOLOGIE ET DU DÉVELOPPEMENT DURABLE
 

Arrêté du 7 mai 2007 relatif au contrôle d’étanchéité des éléments assurant le confinement des fluides frigorigènes utilisés dans les équipements frigorifiques et climatiques

NOR : DEVP0753292A
 

Le ministre des transports, de l’équipement, du tourisme et de la mer, la ministre de l’écologie et du développement durable et le ministre délégué à l’industrie,

Vu le code de l’environnement, et notamment les titres I
er et II, et le chapitre Ier du titre IV de son livre V ;

Vu le décret n
° 2007-737 du 7 mai 2007 relatif à certains fluides frigorigènes utilisés dans les équipements frigorifiques et climatiques,

Arrêtent :


Art. 1er. − Le présent arrêté s’applique aux équipements frigorifiques et climatiques soumis aux dispositions du deuxième alinéa de l’article 4 du décret du 7 mai 2007 susvisé.


Art. 2. − Le contrôle d’étanchéité des équipements frigorifiques et climatiques est effectué en déplaçant un détecteur manuel en tout point de l’équipement présentant un risque de fuite.

Si la configuration de l’équipement ne permet pas d’avoir accès à l’ensemble des points pouvant présenter un risque de fuite, il sera procédé à un contrôle d’étanchéité manuel des points accessibles et à un suivi des mesures de valeurs caractéristiques du confinement conformément aux normes EN 378-2 et EN 378-3.

Si l’équipement se trouve dans un espace confiné, l’étanchéité peut être contrôlée par l’utilisation d’un contrôleur d’ambiance multisondes relié à une alarme.

Le détecteur et le contrôleur d’ambiance sont adaptés au fluide frigorigène contenu dans l’équipement à contrôler. Les sondes du contrôleur d’ambiance sont installées aux points d’accumulation potentiels du fluide dans le local où se trouve l’équipement, et, le cas échéant, dans la gaine de ventilation.


Art. 3. − La fréquence des contrôles d’étanchéité des éléments assurant le confinement des fluides frigorigènes dans les équipements frigorifiques et climatiques est la suivante :

    – une fois tous les douze mois si la charge en fluide frigorigène de l’équipement est supérieure à deux kilogrammes ;
    – une fois tous les six mois si la charge en fluide frigorigène de l’équipement est supérieure à trente kilogrammes ;
    – une fois tous les trois mois si la charge en fluide frigorigène de l’équipement est supérieure à trois cents kilogrammes.


Art. 4. − Les détecteurs utilisés doivent avoir une sensibilité d’au moins cinq grammes par an et les contrôleurs d’ambiance une sensibilité d’au moins dix parties par million. Ces sensibilités sont mesurées selon la norme EN 14624.

Elle sont vérifiées au moins une fois tous les douze mois pour garantir qu’elles ne dérivent pas de plus de 10 % par rapport aux valeurs mentionnées à l’alinéa précédent.


Art. 5. − Dans le cas où le contrôle d’étanchéité se fait à l’aide d’un contrôleur d’ambiance :

    – seule la sensibilité de ce matériel sera vérifiée lors des contrôles visés à l’article 2 ;
    – la fréquence des contrôles pour les équipements de charge en fluide supérieure à trente kilogrammes est réduite de moitié, par rapport aux fréquences fixées à l’article 3.


Art. 6. − Les résultats du contrôle d’étanchéité et les réparations effectuées ou à effectuer sont inscrits sur la fiche d’intervention mentionnée à l’article 5 du décret du 7 mai 2007 susvisé. La fiche d’intervention doit permettre d’identifier en particulier chacun des circuits et des points de l’équipement où une fuite a été détectée.

Les opérateurs qui procèdent au contrôle d’étanchéité apposent un marquage amovible sur les composants de l’équipement nécessitant une réparation.


Art. 7. − La directrice de la sécurité et de la circulation routières, le directeur de la prévention des pollutions et des risques et le directeur général des entreprises sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait à Paris, le 7 mai 2007.